- I - L’ascension Des pentes de rochers et des élans de glaces surplombaient un abîme vertigineux. Je détournai mon regard, et repris mon ascension. « Yann, il te reste 200 mètres, à peine 200 mètres ! » Mon esprit s’accrochait à cet ultime objectif, tout mon corps, martyrisé par le manque d’oxygène et par un froid mordant, était tendu vers ce but, depuis si longtemps rêvé. Après une heure de combat contre la montagne et une insoutenable fatigue, j’eus enfin le sommet sous mes pieds. Derrière mes lunettes de hautes montagnes, perlaient quelques larmes de bonheur. Je venais de gravir, seul, les 7_782 mètres du Namcha Barwa. Les bras levés, je criai ma fierté au vide que je surplombais. Mais l’exultation fut de courte durée tant l’épuisement procuré par le moindre mouvement était décuplé à cette altitude. La joie brute fit alors place à un bonheur serein et entier. Un énorme sourire éclairait mon visage alors que j’admirais le panorama. Comme en récompense à mon exploit, s’offrit alors à mes yeux embués, un des plus beaux spectacles qu’il m’eut été donné de contempler.